Accueil du site / Les spectacles / Petites Pauses Poétiques, etc. , d’après des textes de Sylvain Levey, Ed. Théâtrales / Média : presse écrite, photos, vidéos / La presse en parle / Fragments d’enfance

 

Avec Petites pauses poétiques, la compagnie Le Talon Rouge a fait défiler, mercredi soir sur la scène du Point d’Eau à Ostwald, le film de la vie. Séquences jubilatoires, tantôt absurdes, tantôt grinçantes, souvent lucides, comme des pauses suspendues à un monde bancal.

Miroir, mon beau miroir, qu’il est douloureux de regarder la réalité en face, sans concession, et de voir resurgir nos souvenirs d’enfance ! Une cour de récréation, quatre enfants qui jouent à Chifumi (pierre-feuille-ciseau), un proviseur qui arme son établissement de caméras, des parents dépassés par l’état révolutionnaire déclaré de leur fils, la création du Talon Rouge, grâce à l’écriture de Sylvain Levey, s’empare de nos combats quotidiens et ordinaires, nous rendant ridicules, attachants, parfois cruels. Une galerie de portraits réalistes et lucides en somme qui fustige notre prison de verre et nos rêves. Au jeu du prince charmant et de la princesse s’oppose la cruauté de la moquerie liée à la tenue vestimentaire - « Un col en V, bien sûr, car un col en T c’est moins pratique » -, sans échapper non plus au vieux mythe qui a traumatisé de nombreuses générations : la cagoule qui gratte.

Burlesques, les personnages sont des types, des clowns, des enfants, des maladroits ; ce sont des êtres humains avant tout, qui essaient de construire un monde qui tourne dans l’autre sens et souvent trop vite. L’échafaudage sur scène apparaît comme symbole du « tout reste à ériger ».

Fable fantaisiste ultra-rythmée, on ne s’ennuie pas un instant, Petites pauses poétiques, c’est une grande chanson joviale, une mélodie du bonheur déclamée sans prétention, celle de notre innocence passée.

 

L. T.

© Dernières Nouvelles D’alsace, Vendredi 13 Mars 2009. - Tous droits de reproduction réservés