Accueil du site / Les spectacles / Petites Pauses Poétiques, etc. , d’après des textes de Sylvain Levey, Ed. Théâtrales / Média : presse écrite, photos, vidéos / La presse en parle / Eclats de vie

 

Catherine Javaloyès et sa compagnie Le Talon rouge proposent Petites Pauses poétiques etc. de Sylvain Levey : des petites pauses aux allures d’éclats de vie saisis avec une légèreté jamais superficielle.

Des pauses mais pas de poses. Rien d’ostensible ou de figé, surtout pas. Du mouvement. On se repasse le film des instants qui passent, des bribes par-ci et par-là de ce fil des jours où tout va si vite qu’on en oublie que chaque moment a sa poésie bien à lui, tendre ou coupante, jamais théorique.

« L’écriture de Sylvain Levey est jubilatoire, dit Catherine Javaloyès, metteur en scène des Petites Pauses poétiques etc., on rit, jaune parfois mais on rit. » S’est recomposée sous la bannière de la compagnie du Talon rouge qu’elle dirige, la troupe de Mon amour créé il y a deux ans au Pont d’eau également, repris la saison dernière aux Taps et programmé en Avignon l’été prochain. Gaël Chaillat, Blanche Giraud-Beauregardt, Jean-Philippe Labadie et Pascale Lequesne se retrouvent ainsi pour donner corps, gestes et voix à quelques-uns de ces échos d’adolescence qui restent en filigrane dans nos mémoires à tous.

« Les "personnages" de la pièce n’ont pas d’âge, explique Catherine Javaloyès. Ni adulte ni enfants, ils nous sont à la fois étranges et familiers. Chacun a son fil rouge : la décalée, le mis de côté, le premier de la classe, la plus fragile qu’il n’y paraît. Mais rien n’est appuyé car personne n’est jamais d’un bloc ». Tout à la fois « petits déjà si grands » et « grands encore si petits », ils revisitent la table de huit, courent « tête-tue » dans les champs, jouent au prince charmant et à la belle au bois dormant, lisent douze pages de la Bible « plutôt bien écrites », plongent dans de vertigineuses réflexions en regardant « tuer le cochon », s’épuisent dans des mercredis beaucoup trop formatés, sont d’ici ou bien d’ailleurs, d’hier et d’aujourd’hui.

Une succession de drôles de drames burlesques et tendres, des fragments de quotidien parachutés sur scène avec pour décor une structure métallique qui évoque - peut-être - un de ces jeux d’enfants installés dans les parcs ou l’échafaudage de la vie où chacun s’accroche comme il peut. Des éclats de vie juxtaposés pour « remettre en cause les trois fois rien de notre épaisseur humaine », écrit Catherine Javaloyès.

 

Véronique Leblanc

© Dernières Nouvelles D’alsace, Samedi 07 Mars 2009. - Tous droits de reproduction réservés