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Catherine Javaloyès, fondatrice de la compagnie « Le Talon rouge » interprète « Mad about the boy », magnifique cri d’amour, au Taps Scala jusqu’au 19 août.

Féminine jusqu’au bout des ongles, Catherine Javaloyès s’est emparée des textes d’un homme - Emmanuel Adely - qui écrit au féminin-masculin sur les bouleversements de l’amour. Une confusion des genres qui donne à la confusion des sentiments toute son universelle dimension sans rien céder à la justesse des mots. « C’est une écriture directe mais ciselée, explique Catherine Javaloyès, non pas écrite pour le théâtre mais faite pour le théâtre tant elle est charnelle dans son oralité. »

La jeune femme a très vite décidé de faire de deux textes d’Adely les premiers spectacles proposés par sa compagnie « Le Talon rouge ». Ce fut « Mad about the boy » crée en février 2005 et repris ces jours-ci dans le cadre de la saison estivale des TAPS, ce sera « Mon amour » en février 2007. Deux textes que la comédienne voit comme un diptyque et dont elle a confié la mise en scène à Josiane Fritz.

« Mad of the boy » est un solo vibrant qui dit la quête de l’autre et se demande ce que l’on fait de lui lorsqu’il est parti pour de bon et qu’il ne reste que l’omniprésence de son absence. Comme une intolérable douleur en creux, un vide à combler par tous les moyens possibles. « Ce texte intime, profond est à la fois monologue et adresse à l’autre », précise la comédienne.

Présente à Avignon, le mois dernier, Catherine Javaloyès dit avoir été « engloutie » par les spectacles de Joël Pommerat. « Au monde » et « Les marchands » m’ont fait décoller, explique-t-elle, je n’ai plus existé pendant deux heures ». C’est cet état de choc qu’elle recherche dans le théâtre, autant pour elle-même lorsqu’elle est sur scène, que pour les spectateurs. « A chaque fois, j’essaye d’aller vers toujours plus de simplicité, de lisibilité, non pour contraindre l’imagination du public mais pour lui faire sentir combien ce texte recèle de choses fortes qui renvoient à soi et permettent d’aller vers ailleurs. » Catherine Javaloyès dit de son personnage « qu’il ne cesse de marcher dans sa tête ». Il ou elle. Elle ou lui. Peu importe. L’amour étant pour chacun, homme ou femme, le moment où il parvient à sa vérité humaine.

 

Véronique Leblanc