Accueil du site / Les spectacles / Mon amour, d’après le roman d’Emmanuel Adely, Ed. Gallimard / Le spectacle / L’auteur, son univers, sa langue

 

L’auteur

 

Emmanuel Adely est né à Paris en 1962, Il publie son premier roman Les Cintres en 1993. Suivent Agar-agar (1999), Jeanne, Jeanne, Jeanne (2000) et Fanfare (2002). Sont évoqués tour à tour dans ces œuvres la famille, le couple, la recherche de la mère, celle du père. Mad about the boy (2003) est un monologue, une parole intérieure donnée à entendre telle quelle. Mon amour (2005), succession de monologues en forme de confessions, supprime la distance entre la langue parlée et la langue écrite. Avec Edition limitée (2007) et J’achète (2007), Emmanuel Adely continue son travail d’interrogation du rapport entre réalité et fiction. Cette démarche s’accompagne d’une invention formelle dans Genèse (2008), roman double, écrit recto et verso. En 2009 il crée avec le chorégraphe Yvan Alexandre Venenum amoris , au croisement de l’expression chorégraphique et du texte.

Emmanuel Adely a également publié des nouvelles, écrit des pièces radiophoniques mises en scène sur France Culture en 2001 et 2002 et réalisé des pièces sonores notamment pour la Maison Rimbaud de Charleville-Mézières en 2004. Il anime des ateliers d’écriture à l’Agence culturelle d’Alsace depuis septembre 2007.

 

Son univers et sa langue

 

L’humain : voilà tout ce qui intéresse l’auteur. Dans ses textes, des êtres se débattent. Son univers est fait de coups et de bosses mais aussi de rêves, d’échappatoires.

La langue d’Emmanuel Adely est une langue issue de tous les jours, reparlée, hachée parfois, répétitive, désordonnée, à l’image des états d’âme de tous ses personnages.

Emmanuel Adely s’engage dans chaque phrase rigoureusement simple.

« En utilisant le vocabulaire tel qu’il est parlé par la plupart des gens, il y avait également une volonté d’entrer dans un véritable questionnement social. […] Je voulais donc utiliser le registre de l’oralité et le placer dans un discours qui permette le questionnement social, qui soit un accès et pas le questionnement en lui-même. Au lecteur ensuite de s’y intéresser s’il le souhaite, de se dire qu’il y a une fracture telle qu’effectivement les gens aujourd’hui vivent dans deux mondes séparés. Mais s’il y a bien un sentiment universel, partagé, c’est l’amour. Et peu importe le milieu. Pour moi, la littérature doit toujours être à un moment donné un témoignage du réel. »

 

La langue d’Emmanuel Adely est sans surcharge. Les mots sont bruts, directs et précis. Ils créent de l’image, instantanément. La langue est tellement forte qu’elle permet à l’acteur d’être simplement là. Elle lui insuffle le mouvement, l’énergie sans recours à la psychologie. Elle est faite pour la bouche et le corps des comédiens. Le théâtre la montre comme si elle avait été faite pour être entendue.