Accueil du site / Les spectacles / Mad about the Boy, d’après le roman d’Emmanuel Adely, Ed. Gallimard / Spectacle / Le personnage

 

(…) « n’être pas aimée être seule c’est être mort »(…) C’est avec une évidence tranquille et presque irrémédiable que le personnage nous dit sa certitude de l’amour –source de vie. Arrive la rencontre sur la chanson sensuelle de Dinah Washington « Mad about the boy » et la vie reprend, haletante, en flots continus. Il y a du Phèdre dans ce personnage aux forces décuplées par l’amour, du Sarah Lawson dans « Love streams » (Torrents d’amour) de John Cassavetes, pour qui « l’amour est un flot qui ne s’arrête jamais », de l’Elvire dans « Don Juan » de Molière, de la Marquise dans « La Seconde surprise de l’Amour » de Marivaux mais aussi de ces femmes éperdues que l’on rencontre chez Tchékhov…

 

Dans Mad about the boy on est au coeur de la passion amoureuse qui devient douloureuse en face du silence de l’aimé. Ce sont les mots qui le remplacent (…) « parler de lui m’évite de penser à lui vous comprenez ça »(…) Le personnage porte un regard lucide sur tout ce qui lui arrive, sur ses contradictions, ses désirs de femme mûre, sa sensualité, sa solitude, son mal d’aimer ou encore sur l’émerveillement des commencements. Il déroule son film intérieur, en direct, devant nous. Il dit les plus petites choses avec une grande implication , c’est de là que découle cette forme de dérision légère et tendre présente en filigrane tout au long du monologue.(…) « je mets ma main contre le radiateur là contre moi et j’ai la sensation exacte de la chaleur de sa main le premier soir »(…) Ce qui est sûr, c’est que nous avons affaire à un personnage charnel, vrai à l’extrême, sans contours psychologiques précis. Un personnage ordinaire, acculé dans les situations les plus douloureuses, les plus extrêmes. Qu’y a-t-il derrière ce torrent de mots ? De quel corps jaillira-t-il ? Nous irons à l’essentiel de chacune des pensées de cet être simple et touchant pour trouver sa parole dans son juste volume, exprimer ce qui se passe au moment où il parle. Un personnage seul, blessé mais beau parce qu’animé d’une flamme qui a l’air de ne jamais vouloir s’éteindre…