Accueil du site / Les spectacles / Petites Pauses Poétiques, etc. , d’après des textes de Sylvain Levey, Ed. Théâtrales / Le spectacle / Notes de mise en scène

 

Notre projet consiste à mettre bout à bout des moments de la vie ordinaire et extraordinaire de jeunes enfants et adolescents dans le monde que les adultes leur proposent, d’observer et d’interroger avec tendresse et humour mais aussi férocité, notre monde contemporain. Dans les Petites Pauses Poétiques, etc. d’après Sylvain Levey, quatre comédiens donnent un corps et une voix, à cet enfant, adolescent, adulte avant l’âge. Pour incarner toutes ces figures de notre monde d’aujourd’hui, quatre adultes un peu décalés, quatre acteurs. Ils sont un peu clowns, un peu perdus, dans leurs costumes d’hier et d’aujourd’hui et nous entraînent dans un univers cocasse et féroce, un peu intemporel aussi. Quatre acteurs pour jouer des figures d’enfants. Quatre acteurs pour faire nombre, pour passer d’une saynète à l’autre sans transformisme ou parodies mais en explorant avec le plus de justesse possible les ressentis et les perceptions de ces adolescents.

Les corps des acteurs prennent des relais et portent ce que les mots ne disent pas. Ils sont tour à tour présences, silhouettes, ombres discrètes ou envahissantes.

Les dialogues vifs, pris dans nos environnements quotidiens, la famille, l’école, la cour de récré, sont étirés vers un monde non réaliste et ponctués de monologues ou de chansonnettes un peu kitsch. Les textes courts avec leurs différents niveaux de langage offrent une inventivité dramatique et une grande liberté de jeu. Ils permettent de jongler entre le grave et le ludique, d’aller d’un lieu à l’autre. Devant nous, un puzzle géant se met en place, à tâtons à partir d’une trentaine de courtes fables contemporaines. Des fondus enchaînés alimentés par des nappes sonores, dans une scénographie épurée, aident à la lecture de la nouvelle fable théâtrale.

 

Le dispositif scénique

  Avec Daniel Knipper, nous avons convenu d’un espace abstrait, un dispositif ouvert, laissant entière liberté de représentation et permettant le croisement d’univers différents et la multiplicité des formes de jeu. Un grand échafaudage araignée, espace labyrinthique aéré, percé d’ouvertures, de vides ouvre le jeu sur un ailleurs possible. Fait de tubes métalliques, il prend, selon les scènes, la forme de ce qu’on raconte et permet toutes les fantaisies visuelles. Au sol, plus à l’avant-scène, encore du vide. Seuls des marquages forment des couloirs de jeu ou des lignes de discrétion à ne pas franchir… Parfois, des traversées d’objets roulants, dérisoires, étranges ajoutent à la plongée singulière dans le monde de l’enfance où la poésie est toujours présente.

 

Les lumières

  Pour scander l’espace, le dessiner, nous embarquer dans la multiplicité des lieux, les lumières de Xavier Martayan accentuent les contrastes, dessinent les corps dans leur fragilité et leur force. La structure en fond de scène devient, selon les moments, de la matière lumineuse, d’un rouge-orange incandescent. A l’avant-scène, plus près de nous, des ambiances intimes, couleur cabaret. Des gris, aussi, pour souligner au plus près, une présence, un corps.

 

Les costumes

  Les costumes de Pauline Kieffer prennent en charge la pluralité des rôles joués par les quatre comédiens. Elle les habille de blanc cassé, un peu vieilli, vaguement intemporel pour donner une unité à l’ensemble, et dessiner les contours d’un seul et même univers de jeu sur le plateau. Sur ce blanc, une veste rouge, un slip vert, un anorak bleu, un ciré jaune, etc. viennent jouer les trouble-fête.

 

L’univers sonore : les chansons

  Les différents tableaux sont entrecoupés de textes mis en chansons. Francesco Rees a imaginé des chansons qui donnent l’impression d’être plus spontanées que travaillées. D’une apparente simplicité, les sons sont assez bruts, issus de boîtes à rythmes de basse qualité. Les rythmes technos sont mélangés aux sons de synthés peu travaillés ou saturés. Nous traitons le son comme un produit consommable ou jetable. Bien sûr, ce faux dilettantisme suppose un vrai travail de précision avec les comédiens, une partition rigoureuse.

 

L’univers sonore : la bande son du spectacle.  

Avec Pascal Doumange, nous avons créé une musique minimaliste faite de sons saturés, ou de mouvements mécaniques, des sons tendus et électros pour prendre en charge le glissement ou la rupture d’une scène à l’autre, envelopper une action ou susciter des décalages .

Le travail de la compagnie est à chaque fois un travail de laboratoire où l’approche collective des questions soulevées par le texte et les incroyables énergies rassemblées ne peuvent que nourrir notre travail de plateau et enrichir le mode de représentation qui en découle.