Accueil du site / Les spectacles / Mon amour, d’après le roman d’Emmanuel Adely, Ed. Gallimard / Le spectacle / L’histoire, les personnages

 

Mon Amour : des amours polyphoniques

« C’est par l’amour que le monde vous atteint au plus profond, par l’amour qu’il s’expérimente vraiment… » nous dit Emmanuel Adely.

Dans Mon amour, il est question d’amours. Chaque personnage court après le sien, dans un paysage social blafard. Il y a l’amour que l’on a perdu, celui dont on se souvient et qui aide à vivre, celui que l’on voudrait plus fort, plus vrai, plus beau, celui qui restera à jamais inaccessible. Il y a l’amour tel qu’il est rêvé, il y a l’amour tel qu’il est vécu.

 

Le cadre : un paysage social contemporain

Adely plante son décor dans le monde des précaires, des laissés-pour-compte, des désenchantés. L’amour serait-il mieux traité dans un milieu plus bourgeois ? Non. Et d’ailleurs qu’importe : tout ce qui est dit là se transpose sans effort d’imagination, d’un monde à l’autre. Mais ici, l’amour est passé à la moulinette du marasme social. Pour l’auteur « l’amour ne peut pas se vivre dans un caisson étanche, séparé du quotidien… ». Devant nous, des hommes et des femmes, otages d’une société de rendement et de productivité, vont s’acharner à produire un discours. Ils ont à dire, chacun à sa manière, la violence et la beauté d’aimer.

 

Seul ou à deux

C’est souvent par paires que les personnages entrent dans l’arène familiale. Et pourtant, même à deux, ils sont souvent seuls, lucides et conscients. Les couples évoluent à leur tempo, allant du très lent au très rapide, jusqu’au tourbillon final où toutes les figures se mélangent et se figent, sans voix, devant le drame.

 

Qui sont les personnages ?

Dans le roman, ils sont une dizaine de personnages de générations différentes. Dans la pièce, il y a Roberta qui n’en peut plus de son Daniel au chômage, Monique la sœur de Roberta qui écoute et réconforte en parlant de Richard : c’est le quatuor de la quarantaine lassée. Et aussi Kévin qui distribue son amour dans la cave de la cité et puis Franck le petit dernier, symbolisé par un pull rouge. Comme grandis par l’acte de parler, ils nous livrent leurs peurs, leurs interrogations, les constats d’une vie ratée pour certains ou les rêves d’une vie meilleure pour d’autres. En tous cas, ils disent ce qu’ils sont, sans détours.