Accueil du site / Les spectacles / La Campagne de Martin Crimp - L’ARCHE Editeur / Notes de mise en scène par Catherine Javaloyès / Personnages ou figures ?

 

Ils sont trois et traversent avec élégance des secousses existentielles : Richard et Corinne fraîchement installés à la campagne cherchent dans quel sens remonter leur vie de couple en crise ; Rebecca, l’américaine latiniste venue chambouler toute cette tranquillité apparente, disparaît tel un spectre après s’être confrontée à l’un puis à l’autre. Il y en a encore d’autres, présents parce qu’évoqués, ou simplement traités en filigrane. Que de fantômes dans les placards !

 

Chez Martin Crimp, les personnages deviennent très vite aussi des figures énigmatiques.

L’auteur leur donne plein pouvoir ; du coup ils inventent leurs vies au fur et à mesure de l’avancée dramatique et se posent les éternels retours sur nos mensonges, nos angoisses, nos lâchetés et nos espoirs.

 

Mais ils ont de la tenue nos époux censés aller ensemble. Ils revendiquent leur statut de couple, avec une certaine distorsion entraperçue, un quelque chose qui fonctionne... ou presque.

Corinne et Richard s’affichent en portraits de pastels travaillés, en scène de chasse aux couleurs acides, à l’image de leur relation et d’une certaine dentelle que l’on aime dire à l’anglaise ou bien des photographies de Martin Parr, les fameux Bored Couples. Rebecca, la maîtresse, est esquissée plus sobrement en couleurs franches et vives proches d’un bourgeon de vie, revêtue d’une sensualité cousue d’un sens pratique évident.