Accueil du site / Les spectacles / Grammaire des mammifères de William Pellier, Ed. Espaces 34 / Costumes / Notes

 

Aux costumes, Pauline Kieffer travaillera la silhouette de nos quatre protagonistes en insistant sur l’idée d’effacement de l’individu et d’appartenance au groupe, à l’espèce. Pour aller dans le sens du corps normé, contrôlé, de la « lingerie sculptante » qui fera office à la fois de peau à dévoiler et de dessous.

 

Les quatre acteurs auront tous le même visage, la même perruque blonde, les mêmes lunettes, à l’image du portrait robot français de notre époque. Ces chercheurs grammairiens seront tous habillés de gris dans des costumes, pantalons ou jupes interchangeables qui passeront outre les règles de genre. Un sous pull beige, couleur chair - le même pour tous, des ensembles complets gris intemporels, des chemises offrant une théâtralité urbaine avec effet de clonage. Les matières resteront légères, adaptées à la mobilité des protagonistes et aux déplacements du cube.

 

La mise en silhouette de l’homme moderne dans la pièce obéira à une idée de corps réduits à l’essentiel, restant sans cesse disponibles et interchangeables. Les chaussures, à talons compensés ou extrêmement plates pour les femmes, tressées et aux bouts pointus pour les hommes, dans les tons beiges et roses apporteront la touche finale à cette grammaire vestimentaire.

 

Enfin, non sans rappeler le courant dadaïste du début du vingtième siècle, des aplats cartonnés, des masques en fourrure et de l’objet viendront peut-être déranger à la mode surréaliste, les lignes strictes de leurs pelages gris.