Accueil du site / Les spectacles / Petites Pauses Poétiques, etc. , d’après des textes de Sylvain Levey, Ed. Théâtrales / Sylvain Levey / Sylvain Levey par Françoise du Chaxel, éditrice

 

J’ai reçu un manuscrit et découvert Pierre et Léa, deux enfants, deux pré-ados comme on dit, qui vivent en quelques heures de fugue une histoire d’amour en condensé, de la rencontre à la séparation : ils étaient bien ces enfants qui rêvent d’être les adultes que nous avons tous été.

Découvrir un auteur tout neuf est le rêve de tout éditeur.

Nous avons décidé de l’éditer. Avec son accord, nous avons changé le titre. Notre-Dame du vieux cours devenait Ouasmok ? , la question que pose Pierre à Léa au début de leur aventure et qui veut dire « C’est quoi ton nom ? » en arabe.

Sylvain m’a envoyé d’autres textes. J’ai découvert ses Chroniques de la middle class occidentale , instants d’humanité cruels et drôles. En quelques lignes, il y dessine un portrait, raconte un petit drame de la vie, met le doigt sur une blessure, ravive un souvenir. Il fait ce qu’il y a de plus difficile à faire, aller à l’essentiel sans fioritures et c’est là qu’il est éminemment théâtral car chaque mot a son juste poids, chaque phrase a son juste rythme. Il sait aussi terminer chaque petite chronique par une phrase ouverte pour que nous y entrions avec notre imaginaire. Au cœur de ces textes, il y a les petites et les grandes douleurs de l’enfance et de l’adolescence, donc les nôtres.

Une de ces petites chroniques est devenue une pièce Ô ciel la procréation est plus aisée que l’éducation , portrait au vitriol d’une famille réunie pour l’anniversaire d’une petite fille à qui on offre une ménagère plutôt que les rollers dont elle rêvait. Des dialogues qui ne nous laissent pas le temps de respirer, mais nous laissent juste le temps de détecter les secrets de famille, les jalousies, les médiocrités, les vantardises, les cocasseries et la tendresse qui s’y cache. Et tout cela à 100 à l’heure. On en sort groggy mais réjoui avec l’envie de faire lire ce texte à tout le monde.

Car Sylvain Levey parle à tous, aux enfants dont il sait si bien dire les interrogations et les lucidités, aux adultes à qui il rappelle leurs rêves brouillés.

 

Françoise du Chaxel, éditrice et auteur dramatique.