Accueil du site / Chronique du Talon Rouge / L’habit ne fait pas le moine

 

Comme chacun sait, le Festival Off est le plus grand théâtre du monde (au Festival d’Edimbourg près, objecteront nos amis d’Outre-Manche). Soit.

La conséquence immédiate en est que vous ne cessez de croiser pendant le Festival, à toute heure du jour et parfois de la nuit, des personnages costumés échappés des loges de théâtre. Et là, drame ! Dès que les artistes envahissent la ville c’est la confusion, le chaos, le bazar …

Qui est qui ?

Des cas plus ou moins épineux vont se présenter à vous : un Capitaine Crochet, sirotant une bière place de l’Horloge à 11 heures du matin a toutes les chances d’être un intermittent du spectacle qui s’offre une pause méritée. En effet après avoir tracté en montant, sur le trottoir droit de la rue de la République, il se refait une santé avant d’aller tracter en descendant, sur le trottoir gauche (et au soleil) de cette même rue. Un Harpagon sortant de sa cassette des chèques et pestant contre les automates de la BNP de cette même rue de la République a aussi toutes les chances d’être un intermittent du spectacle, homme à tout faire de la troupe, comme un certain cocher-cuisinier …

Mais le problème, si vous voulez bien croire mon expérience, c’est avec les ecclésiastiques !! Le jeune prêtre qui m’a abordée, debout sur un tabouret devant le cloître des Carmes était-il un acteur ou un zélé prosélyte ? Je ne sais toujours pas, même après quelques minutes de discussion fort sérieuse. Certes, j’aurais pu lui demander : « Dis donc, tu joues ou tu y crois vraiment ? » Mais finalement, c’est ce qui fait la magie du mois de juillet à Avignon.

En revanche, je crois bien que les policiers étaient des vrais et que les PV qu’ils collaient à tour de bras sont à payer rapidement.