Accueil du site / Chronique du Talon Rouge / Une lumière intimiste

 

Anne Frintz, élève à l’école de journalisme de Bordeaux a assisté à une représentation de Mon amour . Elle a eu la gentillesse d’écrire un article.

 

" Une lumière intimiste, presque de peep show, quelques chaises, une table, une table de bar, une entrée d’immeuble ou d’ascenseur, des bassines en plastique remplies d’eau, une bouteille, un éplucheur, des éponges et des livres.

Et l’amour.

Roberta, Monique, Daniel, la pute craquent. Ils aiment, ils ont aimé. Ils aimeront, ils aiment toujours. Dans une cité défoncée par la crise, ces prolos se racontent. A une amie, à un inconnu. Compagnons d’infortune. C’est drôle. Irrésistiblement, l’identification opère. Tant de légèreté, de bienveillance devant des constats si durs. Tant d’humour et d’insolence devant une réalité si tragique. Rire pour ne pas mourir. Les hurlements face aux choses tues trop longtemps et aux tabous surpassent les sirènes de police, les égratignures du corps et les besoins matériels. L’amour ! C’est plus violent, ça fait encore plus peur... que tout ! Il faut que ça sorte. Les personnages sont dans l’urgence. Rien ne va plus alors les langues se délient. C’est cru et secret. C’est un combat quotidien. L’amour.

 

Du Coluche, du Koltès, non, c’est du Adely mis en scène par Javaloyès. Et porté, oxygéné par la compagnie du Talon Rouge. Justesse et énergie pour de réelles performances d’acteurs, réglages millimétrés pour une scénographie réunificatrice, inspirations du côté des polars pour un découpage du texte et une mise en scène qui tiennent en haleine : l’ensemble forme un tout cohérent, compréhensible, crédible... et solide. Le spectacle est mûr. Les acteurs sont en train de se l’approprier. "